1.  
    Modérateur

    "Kerk en Ambt". C'est le titre de la brochure envoyée par les dominicains hollandais à toutes les paroisses de leur pays. Ils y invitent les communautés à prendre leurs responsabilités : choisir en leur sein des animateurs/trices et les présenter à l'évêque pour qu'ils/elles soient ordonnés/es à diriger la communauté et à présider l'eucharistie. On trouvera une traduction française de cet appel sur le site canadien de Culture et Foi et une autre ici, en attaché. Ces traductions sont proposées sous la seule responsabilité des traducteurs.

    Un des objectifs des dominicains est évidemment aussi d'ouvrir la discussion sur ce qui est généralement considéré comme tabou, le lien entre l'eucharistie et un "prêtre ordonné". Nous vous invitons à entrer dans ce débat...

    Nos amis flamands du Basisbeweging ont déjà décidé d'organiser une journée de rencontre à ce sujet.

    Voir aussi notre "texte du mois" de mars signé par Paul Tihon.  

  2.  
    Modérateur

    Réactions « à chaud » sur « des communautés célébrant en confiance » de Gérard Fourez

    Marie Jeanne Matagne

    • Introduction très habile et prudente en reconnaissant que la position des dominicains est contraire à la doctrine officielle.
    • «Il faut savoir attendre l'avènement complet du royaume pour séparer l'un de l'autre»! Bonne suggestion pour dire qu'il faut donner du temps aux choses, ne pas refuser tout en bloc et ménager les uns et les autres «patience,patience dans l'azur....» Mais la lenteur dans les changements est-elle toujours bonne et acceptable si ces changements s'éternisenten démobilisant un grand nombredans le but louable d'éviter les conflits, les schismes?
    • L'allusion à la manière de faire de Gamaliel, que je ne connaissais pas, est astucieuse mais faut-il attendre passivement de savoir si «ces nouveautés viennent de Dieu ou des êtres humains» sans s'interroger en Église là-dessus, et sans oser prendre une direction qui renforcerait et faciliterait un changement légitimé par beaucoup? Par contre si c'est le seul langage que la hiérarchie peut comprendre et que c'est une façon de gagner du temps en dégageant une zone tampon c'est ok.
    • J'aime bien cette manière de mettre en évidence qu'il y a des lieux différents dont on parle face aux conflits et qu'il faut comprendre le chemin et la manière de voir des uns et des autres.
    • L'ultimatum avertit et évite la confrontation violente mais il traduit aussi qu'effectivement la limite supportable pour l'autre risque d'être dépassée. Il ne faut pas en arriver là. Bien souvent aussi un ultimatum en amène un autre de l'autre bord, et cet autre ultimatum qui sert à freiner le premier risque lui d'être davantage une forme de chantage.». Si vous en arrivez là, alors, nous de notre côté....» Dans ce cas, il me semble que l'ultimatum le plus dur n'est pas la réaction des quatre dominicains, mais le rapport à l'ordre des dominicains qui condamne.
    • Tout à fait intéressant le fait de dire que quand quelque chose se passe, on ne se retrouve plus dans la situation antérieure et qu'il faut tenir compte de ce changement dans le futur. Dans ce sens là, c'est donc l'accumulation de faits semblables qui sont un moteur de changement.
    • J'aime beaucoup la section «Être juste vis à vis du document hollandais». On y entre vraiment dans le nœud du problème en montrant réellement les langages parallèles des uns et des autres, comme, par exemple, opposer «une communauté qui célèbre» et «un prêtre qui célèbre»ou plus fort encore «le président de l'assemblée ait une foi contagieuse»opposé à «les présidents soient hommes ou femmes etc.» Cela montre bien le fossé et le niveau d'incompréhension fondamental entre les points de vue.
    • Je m'inquiète du terme «gardien de la Foi». Je ne crois pas qu'on a la Foi à la naissance, Je crois que chacun construit sa propre Foi, aidé ou pas par son milieu de vie, les expériences, les rencontres, les lectures. Un enfant de 6 ans n'a pas la Foi et ne saurait pas la perdre. Je ne vois pas qui est le gardien de ma Foi? Certainement pas de manière inconditionnelle les évêques, ni le pape. Ma Foi n'a pas à être gardée, elle doit vivre librement à l'intérieur de moi et j'espère même qu'elle peut parfois prendre le large.
    • J'adhère tout à fait au chapitre «Théologie sous jacente». Il me permet de mettre des mots sur ce que j'aurais pu difficilement exprimer moi-même. Une nuance cependant: j'ai envie de réagir à la phrase «Le fait qu'il faille un mandat pour parler au nom de la communauté vise à protéger celle-ci des originaux qui, par exemple, seraient prêt à faire un sermon d'une heure»; cela ne me paraît pas essentiel. Il y a pire que les originaux!!! Il faut protéger une communauté surtout contre toute forme d'abus de pouvoir, de sectarisme ou d'obscurantisme.

    Ma conclusion : des documents de cet ordre sont importants à diffuser dans la presse car ils sont nuancés, prudents. Ils évitent habilement les conflits inutiles et peuvent servir de point de départ pour une discussion ouverte entre antagonistes. Ma seule crainte est qu'il faut du temps pour faire passer des idées, beaucoup de temps. Je veux bien croire que l'Église est éternelle mais pas nous ! Et moi j'aurais plutôt envie de me ranger du côté des quatre dominicains, s'il fallait choisir son camp.