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Appel à reconnaître Erasme comme maître d'humanité et d'universalisme

auteur anonyme
Publié dans Bulletin PAVÉS n°54 (3/2018)

Grâce à l'année Luther qui a fait faire des progrès significatifs aux relations entre les Églises, à la base du monde chrétien, nous avons approfondi notre réflexion sur cette période de l'histoire. Elle a débouché sur la rédaction de cet appel de proposer Erasme de Rotterdam comme modèle pour l'humanité aujourd'hui. L'Appel est proposé à la signature de croyants individuels, non-croyants ou croyants autrement et aux dirigeants de toutes les confessions religieuses. Il peut aussi être signé par des collectifs (associations, mouvements ...). Le contenu de l'Appel sera approfondi dans le numéro spécial de juin de Tempi di Fraternità. Les promoteurs espèrent que ce sera l'occasion de rencontres, de publications et d'autres positions explicites dans notre pays, l’Italie, et que cela s'étendra à toute l'Europe. 

 


En 1501, Erasme de Rotterdam a écrit l' Enchiridion militis christiani où il formule brièvement ses propositions de réforme de l'Église (publié en 1503 et réédité en 1515 à Louvain). En 1517, Martin Luther publiait ses "quatre-vingt-quinze thèses" provoquant les protestations des conservateurs et du Vatican, et le 14 août 1518 Érasme a fait précéder sa réédition à Bâle (Froben) de l' Enchiridion d'une importante préface de 25 pages, dans laquelle – ne reconnaissant aucun élément d'hérésie dans la position luthérienne – il répète la nécessité urgente d'une réforme dont on ressentait le besoin depuis au moins trois siècles.

Erasme est reconnu par les spécialistes comme un maître (Programme Erasmus et Fondation et Prix Erasme), mais les cultures religieuses chrétiennes souffrent encore d'une "damnatio memoriae" dont il a été victime dans l'Église romaine pour avoir refusé de prendre position contre Luther et en faveur de la "Contre-Réforme"; mais aussi pour le contraire, pour ne pas avoir rejoint la "Réforme", ainsi que pour avoir utilisé l'humour et la satire dans des sujets considérés comme "religieux". Même lors des récentes rencontres du Pape François avec les Vaudois et les Luthériens, on ne s'est pas souvenu d'Erasme. Si l'Église est "semper reformanda", cette incohérence sera résolue grâce à la liberté de la recherche théologique et à l'extension aux laïcs de l’enseignement de la théologie, sans aucune restriction préalable, selon la définition d'égalité accordée aux laïcs par Vatican II.

Le courage de l'Église de se réformer elle-même aurait pu empêcher la Réforme et surtout la Contre-Réforme : Erasme de Rotterdam, inattaquable pour sa grande renommée intellectuelle, s'était exprimé dès le début pour que l'église puisse éviter des conséquences imprévisibles. Un docteur de l'Église manqué ? À l'avenir, l'Église ne pourra-t-elle apprendre que des "docteurs" consacrés par leur sainteté reconnue et par le Saint-Office ou acceptera-t-elle aussi d'apprendre d'un Erasme, qui croyait déjà à la liberté de la recherche théologique ? À cette question, nous attendons une réponse explicite de ceux qui, dans l'Église catholique, cherchent à témoigner de l'Evangile sans être prisonniers de directives ou d'exclusion d'aucune sorte.

Erasme de Rotterdam clôture le Moyen Age et inaugure la Modernité – il est le père des Lumières – mais son universalisme a été trahi : en ces temps de violence, le monde (et non seulement les Églises et les religions) a besoin d'un maître comme Erasme pour prôner les valeurs universelles d'une spiritualité de la paix contre tous les particularismes – aussi religieux – qui le divisent.

Il faut remettre en valeur le message érasmien pour contrer toute tentation de voir la guerre et les armes comme moyens de résoudre les conflits entre les peuples, et la conquête comme un titre légitime de propriété foncière et de suprématie culturelle.

Par-dessus tout, il faut souligner l'importance de la spiritualité pour dépasser le dogmatisme des religions et des conflits confessionnels.

En particulier, il nous semble qu'Erasme peut inspirer une Europe différente de l'Europe actuelle, traversée par trop de particularismes et d'égoïsmes.

Ce travail de reconnaissance, d'attention et de valorisation appartient certainement à tous ceux qui se soucient du sort de l'humanité et surtout à ceux qui ont un rôle dans la recherche, dans l'éducation et dans les moyens de communication.

Les signatures sont recueillies par Tempi di Fraternità  info@tempidifraternita.it


auteur anonyme

Notes :

Source :

http://www.noisiamochiesa.org/appello-perche-erasmo-sia-veramente-riconosciuto-come-maestro-per-tutti-di-umanita-e-di-universalita/  

traduction : Pierre Collet





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