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Moins de biens, plus de liens, d'Émeline de Bouver

Dix ans plus tard...

Pierre Collet
Publié dans CEM n°119 (6/2018)

Ce petit livre d’Émeline de Bouver est paru en 2009 déjà et on ne le trouve plus en librairie. Elle nous en avait déjà parlé dans notre bulletin de mars 2011.[1]  La richesse de cette journée de ressourcement et le témoignage de notre animatrice, plus personnel surtout en fin de journée, m’ont convaincu de tenter d’approfondir, voire de mettre mieux en pratique quelques-unes des suggestions émises. J’ai donc trouvé le livre chez un bouquiniste, j’en ai lu pas mal de pages, mais aussi des comptes rendus et des articles publiés à sa suite.

Les dernières générations ont sans doute mieux compris que l’obsession et la mise en pratique du ‘toujours plus’ allaient nous mener inéluctablement à un suicide collectif, et qu’ils devaient opter pour de nouveaux comportements. Il leur reste parfois à franchir le pas d’un engagement concret : on en trouve un bel exemple dans l’analyse d’une activité organisée par le Centre Avec et Couples et Familles concernant la vie de tous les jours et l’éducation.[2] Ainsi que dans une autre analyse faite par le Cefoc et qui portait surtout sur la gestion du temps.[3]

Émeline De Bouver expliquait à la fin de notre journée de ressourcement à quel point ce thème de la ‘simplicité volontaire’ avait transformé son approche de la gestion du temps, de ses solidarités, mais aussi plus globalement était en train de marquer ‘le sens de sa vie’. Mais nous savons tous combien cette formule peut masquer tant d’ambiguïtés et de confusions, et en particulier dans l’insistance d’un « retour à soi » ou de la priorité du « développement personnel »… On trouve dans un petit article récent une présentation plus structurée de cette ‘recherche de sens’ : dans Le militantisme spirituel, une nouveauté ?[4], elle compare avec légèreté le militantisme actuel assez ‘soft’ et celui des années 50 plus ‘combattif’. Surtout, elle pointe la difficulté de l’engagement à rester connecté à toute dimension spirituelle autre que la solidarité ou le respect du pluralisme. ça rappelle nos vieilles distinctions entre spiritualité et engagement, entre prière et action… Mais l’intérêt de cette petite analyse est de déboucher sur leur réconciliation grâce à une nouvelle définition de la ‘spiritualité’ : 

« Dans un souci d’établir des distinctions, je pense qu’il est utile d’utiliser une définition de ‘spiritualité’ qui reprendrait les caractéristiques que le philosophe des religions Frédéric Lenoir attribue au ‘religieux’ :

Cette conviction qu’il existe un ou plusieurs autres niveaux de réalité que le plan sensible – à travers une très grande diversité de croyances ou d’expériences intimes – s’est aujourd’hui échappée du cadre des traditions et continue de faire sens pour un certain nombre d’individus que je qualifierais donc de ‘religieux’.

La spiritualité est, selon ma compréhension, une démarche qui élargit l’existence individuelle car elle s’enracine dans une conception de l’humain intégré dans quelque chose qui le dépasse (la Vie, l’Univers, le Divin, le Royaume de Dieu, la Nature…). Et le fait de faire partie d’un Tout plus grand que soi replace l’être humain dans un réseau de relations et le décentre de lui-même. Cela confère également généralement à l’existence une dimension sacrée. »  

L’auteure continue en rappelant la nécessaire diversité des démarches d’engagement et des motivations qui les soutiennent.

Quatre petites pages à lire absolument… !

Après la rencontre du 15 avril, des participants ont demandé à Émeline De Bouver quelques titres pour leur permettre de continuer leur chemin. Elle nous a envoyé une liste qui se trouve sur notre site. Citons e.a. :

·      Arnsperger Christian, L’homme économique et le sens de la vie.

·      Cassiers, Isabelle (dir.). Redéfinir la prospérité.

·      Egger, Michel M., Écopsychologie. Retrouver notre lien avec la terre.

·      Rabhi Pierre, Vers la sobriété heureuse.

·      Verhelst Thierry, Des racines pour vivre. Cultures et spiritualités dans un monde en feu.

Oserais-je y ajouter…  Le choix de la simplicité : Anthologie de textes d'Eloi Leclerc,  rassemblés par Anne Ducrocq, Desclée De Brouwer, 2017, 144 pages, 11 €.


Pierre Collet (Hors-les-murs)

Notes :

[1]  www.paves-reseau.be/revue.php?id=955

[2]  Claire Brandeleer in www.centreavec.be/site/le-choix-de-la-simplicite-en-famille

[3]  Bénédicte Quinet in  www.cefoc.be/IMG/pdf/Analyse_14_Cefoc_2009.pdf

[4]  Émeline De Bouver,  www.centreavec.be/site/Le-militantisme-spirituel




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