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Paul et Marie-Madeleine

de María et José Ignacio López Vigil

José Manuel Vidal
Cet article n'a pas été publié dans une de nos revues

Face à face! Saint Paul l'apôtre, celui qui a inventé le Christ, et Marie-Madeleine, celle qui a connu Jésus

de Maria et José Ignacio López Vigil  - Ediciones FeAdulta 2018, 193 pages


"Paul de Tarse, qui ne connaissait pas Jésus de Nazareth, a inventé Jésus-Christ et, de plus, parce qu'il était misogyne, esclavagiste et homophobe, il a créé une Eglise à son image et à sa ressemblance". Il dit tout ça d'un trait et, une fois terminé, il demande aux personnes présentes : "Ai-je dit beaucoup d'hérésies ?" Il est vrai qu’avec sa longue barbe, ses cheveux gris et ses lunettes, José Ignacio López Vigil ressemble plus à un saint père qu'à un hérétique. Cela dit, il parle et écrit très clairement, on le voit bien depuis des années dans ses émissions de radio et ses livres.

Hier précisément, il a présenté leur dernier ouvrage "Face à face! Saint Paul l'apôtre, celui qui a inventé le Christ, et Marie-Madeleine, celle qui a connu Jésus" (ed. Feadulta), devant un large public remplissant l'auditorium du lycée Chaminade. Un nouveau livre qui, comme tous les précédents, est écrit à quatre mains, avec sa sœur, María López Vigil, également journaliste.

Le panel où se trouvaient l'auteur et le théologien Xabier Pikaza, a été présenté par Africa de la Cruz, professeur émérite de psychologie à l'Université autonome de Madrid, qui a commencé par rappeler "le rôle important que les deux écrivains, le frère et la sœur, ont joué dans mon évolution spirituelle". Avec plusieurs de leurs œuvres, mais surtout avec "Un tal Jesús", le plus célèbre et le plus controversé, mais qui servit de nourriture à des générations de croyants et qui "ont permis de passer du Jésus du credo à l’homme basané de Nazareth, d'un Dieu à craindre, et finalement à haïr, vers un Dieu amour et seulement amour".

Du nouveau livre, objet de la présentation, le professeur a vanté son "style désinvolte et irrévérencieux, son apparente simplicité et même sa simplification, et aussi son sens de l'humour et sa forme narrative qui accrochent".

On a ensuite projeté  une vidéo du théologien José María Castillo, auteur de plusieurs livres sur le sujet et qui dit que "le problème a commencé avec Paul". Après avoir salué les personnes présentes, il a décrit les frère et sœur López Vigil comme "des personnes d'une profondeur évangélique importante et d'une compétence intellectuelle remarquable".

En ce qui concerne l’œuvre, Castillo a tenu à souligner que la simplicité de l’exposition n’est pas en contradiction avec la profondeur, bien que "certaines personnes confondent la simplicité et la clairvoyance de la communication directe avec le manque de profondeur intellectuelle".  À son avis, parler simplement et clairement, comme Jésus, "ne signifie pas abaisser le niveau de crédibilité" et, de plus, de cette manière, nous atteignons beaucoup plus de gens.

"Il y a des mentalités formées dans de hautes spéculations, qui donnent plus de valeur aux théories, mais Jésus a parlé en paraboles et son enseignement était de la théologie narrative, une théologie aussi valable que le purement spéculatif et, dans de nombreux cas, allant plus loin et atteignant au plus profond de la foi des simples", a conclu le théologien, en assurant que les auteurs "ont ce don de la théologie narrative". Un don "que peu de gens possèdent".

Après avoir remercié Castillo, l’un des auteurs, José Ignacio López Vigil, saute dans l'arène, prend le micro et, avec son mélange d’accent espagnol des Asturies qui a traversé l’Amérique latine pendant de nombreuses années (et qui continue d’y être), et va tout de suite droit au but. Comme s'il voulait secouer et provoquer les personnes présentes, qui venaient d’ailleurs pour être secoués.

Et il lance une série d’affirmations claires et tranchantes : "Paul a écrit ses lettres sans rien savoir, absolument rien de Jésus. Il n’a pas connu Jésus, n’a jamais mangé de poisson avec lui. Il a seulement eu une révélation sur le chemin de Damas et il a commencé à écrire, sans même retourner à Jérusalem pour parler avec Marie, sa mère, ou avec Marie-Madeleine, sa compagne."

"C’est pour ça qu’il n'y a ni géographie ni histoire dans les lettres de Paul". A tel point que Paul, le voyageur, l’intellectuel de l'école pharisienne de Gamaliel, qui connaissait trois langues (l'araméen, l'hébreu et le grec) et savait écrire, alors que "les autres disciples et Jésus lui-même étaient illettrés", c’est ce Paul qui "a inventé Jésus-Christ".

En outre, "Paul de Tarse était non seulement homophobe, misogyne et esclavagiste, mais il a également inventé la théorie du péché originel et, en conséquence, la thèse de l’expiation". Pour racheter le monde de ce terrible péché, Dieu en colère envoie son propre Fils, pour qu’ils le tuent et, avec son sang, lavent le péché et Dieu retrouve la tranquillité. C’est quelque chose de terrible."

Le visage opposé du christianisme naissant est celui qu’offre, selon López Vigil, Maríe-Madeleine, "la fondatrice du christianisme, qui a proclamé : "il est vivant et son projet ne finit pas sur la croix". C’est elle qui s'oppose dans ce livre à l'homophobie de Paul de Tarse. Entre autres, parce que "tous ceux qui vont à la communion prient avec la prière d'un gay, le centurion romain, qui dit à Jésus : 'Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres dans ma maison (pour guérir mon partenaire) mais un mot de ta part suffira à le guérir".

La pire pour López Vigil, c’est que de ces deux christianismes "l'Eglise a opté pour celui de Paul de Tarse et complètement marginalisé celui de Marie-Madeleine". Par conséquent, à son avis, "il est urgent de récupérer l'Évangile et Marie-Madeleine".

Après cette première intervention de l'auteur, Xabier Pikaza, bibliste renommé, a voulu clarifier un peu les déclarations de López Vigil et a déclaré que, contrairement à ce que l'on pense habituellement, "le Paul dont vous parlez est le Paul populaire, à qui sont attribuées des affirmations qui sont évidemment des extrapolations, telles que celles qu’il dit à propos des femmes".

Selon Pikaza, "Paul a fait des choses admirables et la plus importante : il a dit que Jésus était Dieu". Le savant bibliste reconnaît qu’ "il semble que Paul ait eu un problème de misogynie, mais dans son Église, les femmes étaient égales aux hommes". Et il a conclu en soulignant que "Paul était fondamental et, sans lui, le christianisme n’aurait pas pu avancer" et en demandant aux auteurs de travailler à de nouvelles recherches sur l'authentique Paul.

López Vigil a relevé le défi de continuer à discuter et à écrire sur Paul de Tarse dans de nouveaux livres, pour ensuite se soumettre aux questions des assistants. Dans ses réponses, il a rappelé, par exemple, qu'il avait écrit "Un tal Jesús" "aux beaux jours de la théologie de la libération, que Jean-Paul II s'était appliqué à détruire".

Interrogé à nouveau sur Madeleine, il a assuré que "bien que l'Eglise, pour la marginaliser, la qualifie de prostituée, elle était en réalité une marchande de poisson, qui était tombée amoureuse de Jésus et Jésus d'elle, une femme extraordinaire, une galiléenne, une combattante. Par conséquent, à son avis, "nous devons la défendre, car elle était l'apôtre des apôtres".

Pour relier l’Église actuelle au christianisme de Marie-Madeleine, Lopez Vigil a demandé au Pape "une Église qui abolit le célibat et une Eglise avec des femmes aux commandes, et non des prêtresses, car si l’Église n’a pas un visage féminin, elle n’est pas l’Église de Jésus".

Interrogé sur la relation entre le célibat et les abus du clergé, López Vigil nie toute relation directe, mais déclare que "l'Église interdisait le mariage à des prêtres pour défendre leur héritage et imposait le célibat afin que les femmes des prêtres n'héritent pas" : "le célibat est une loi contre nature, qui peut provoquer des réactions contre nature et doit donc être aboli".

Lopez Vigil déclare encore que "Jésus était un paysan joyeux et bavard, qui aimait raconter des blagues et des devinettes, qu’il était radicalement révolutionnaire, mais ne savait pas écrire et lisait avec difficulté, avec hésitation".

Et il finit par proclamer que l’Église doit "éliminer les peurs et la culpabilité, parce que, si l'on croit en l’enfer, on ne peut pas croire en Dieu", invitant à l’espérance, car "un autre Dieu est possible", qui est le titre d’un autre de leurs livres.


José Manuel Vidal

Notes :

http://www.feadulta.com/es/buscadoravanzado/item/10243-jose-ignacio-lopez-vigil-san-pablo-invento-el-cristianismo-y-la-iglesia-catolica-homofoba-y-machista.html


traduction : Pierre Collet








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