Publications

Rechercher les articles
par mot du titre ou mot-clé :

présentés par :

année et n° (si revue):

auteur :

Premier anniversaire de l’élection de Benoît XVI (19-04-05)

IMWAC
Cet article n'a pas été publié dans une de nos revues

Les besoins de réforme sont toujours là !

La première année du pontificat de Benoît XVI n’a pas changé substantiellement la situation problématique de l’Eglise catholique. Les besoins de réforme sont toujours présents. Au cours de cette première année, nous avons remarqué plusieurs signes positifs mais des déficits sévères nous préoccupent grandement.

En réfléchissant sur l’année écoulée, le mouvement international Nous sommes Eglise souhaite présenter une analyse constructive de la première année de règne de Benoît XVI. C’est la réaction d’une communauté de fidèles catholiques, dans l’espoir que nos commentaires seront acceptés dans l’esprit d’une critique constructive.

Nul ne demande au pape Benoît XVI de suivre l’esprit du temps. Mais il doit s’efforcer d’écouter et, durant son pontificat, il devrait donner et autoriser des réponses aux questions pressantes de l’Eglise et de la société, questions qui s’accumulent avec le temps et qui furent toujours posées sur base de la Bible et du Concile Vatican II (1962-65). Nous n’oublions pas que, jeune théologien, il avait considérablement influencé ce Concile.

Vu les défis actuels, les chrétiens du monde entier attendent des réponses humaines aux questions concernant la justice et la paix, le dialogue interreligieux, l’œcuménisme, la place des femmes dans l’Eglise, l’éthique sexuelle et le manque de prêtres au niveau mondial. Faute de quoi, l’exode hors de l’Eglise continuera, et pas seulement des femmes.

« Nous sommes Eglise » a salué le nouvel esprit d’ouverture qui a animé l’épiscopat à propos des problèmes pastoraux posés par l’Eucharistie au cours du Synode des évêques en octobre 2005. Mais nous regrettons profondément que les évêques se soient contentés d’évoquer les problèmes sans proposer aucun changement dans les règles et la pratique de l’Eglise.

Le style de gouvernement de Benoît XVI est plus consultatif et collégial que celui de son prédécesseur. Mais la fixation continuelle sur l’office et la personne du pape et aussi sur la hiérarchie ecclésiastique, ne reflète pas l’enseignement de Jésus et ne peut représenter un modèle pour la jeunesse. Il y a là un grand danger de culte de la personnalité et un gigantesque spectacle médiatique pourrait laisser dans l’ombre l’expérience de la foi.

Cependant, on ne peut oublier avec quelle rigidité le cardinal Ratzinger a présidé pendant plus de 23 ans la Congrégation pour la Doctrine de la foi : les théologiens critiques furent bannis, la théologie de la libération condamnée, la doctrine en matière sexuelle fut formulée de façon rigide, l’influence des femmes dans l’Eglise fut limitée ainsi que les relations œcuméniques avec les Eglises protestantes.

Le fait que l’un des premiers documents publiés avec l’autorisation du pape Benoît XVI, « l’Instruction sur l’homosexualité et le ministère ordonné » ordonne une discrimination à l’encontre des homosexuels accédant au sacerdoce, est une grande déception pour beaucoup de catholiques, et pas seulement pour ceux qui sont le plus directement affectés.

Les récents commentaires de Benoît XVI sur le rôle des femmes dans l’Eglise sont à la fos encourageants et décourageants parce qu’il a rejeté de façon décidée la réouverture de la question de l’ordination.

Ceci va sûrement exacerber le manque de prêtres. Durant les 26 ans du pontificat de Jean-Paul II, le nombre des catholiques a augmenté de 40 % pendant que le nombre de prêtres diminuait de 4%. Près de la moitié des paroisses et des missions catholiques dans le monde ne disposent pas d’un prêtre résident. (données communiquées par le Centre de recherche appliquée sur l’apostolat de l’université de Georgetown, Washington D.C.)

Le mouvement international « Nous sommes Eglise » a salué la rencontre en septembre 2005 à Castel Gandolfo de Benoît XVI avec le théologien critique Hans Küng. Mais la lettre de notre mouvement demandant une rencontre personnelle au pape, après son élection, n’a pas encore reçu de réponse.

Notre monde est en danger. L’Eglise a la capacité et la responsabilité d’exploiter les dons de tous les baptisés de travailler en commun avec les personnes de toutes fois afin de promouvoir une révolution pacifique pour le bien de l’humanité entière. A ce jour, nous ne voyons pas d’indication claire que Benoît XVI reconnaisse ce grand défi. Sa première encyclique « Deus caritas est », bien qu’applaudie largement, était trop générale.

Le pape n’a demandé la démission d’aucun évêque ou cardinal mêlé aux crimes sexuels contre des enfants, des adolescents ou au viol de femmes- y compris des religieuses- commis par le clergé. Ceci est un problème mondial. Benoît continue à imposer une politique de secret et de silence aux évêques du monde entier. Cette politique est par elle-même un crime contre les plus faibles et les plus vulnérables de notre Eglise.

Le Mouvement international « nous sommes Eglise » présente ces réflexions dans l’espoir que Benoît XVI y verra le reflet des dons du Saint Esprit émanant du peuple de Dieu. Nous l’appelons à commencer une nouvelle phase dans la vie de l’Eglise en reconnaissant que le laïcat est une richesse de l’Eglise plutôt qu’un problème et que ceux d’entre nous qui élevons la voix pour demander réforme et renouveau sont en fait de fidèles catholiques, avec une vraie capacité de réflexion et de discernement, et un amour authentique pour toute l’Eglise. Encore une fois, nous l’invitons à participer à un vrai dialogue.

 Christian Weisner, président de IMWAC, et Rea Howarth

                                                      

IMWAC (IMWAC)

Notes :
Le Mouvement international « Nous sommes Eglise » - un mouvement de réforme de l’Église issu de la base et composé de laïcs, de prêtres et de religieux - est né en Autriche et en Allemagne en 1995 et s’est ensuite répandu en Europe et sur tous les continents.
Il est en relation avec d’autres mouvements réformistes dans le monde entier. Son but est de continuer le processus de réforme de l’Église catholique romaine, un processus qui a été ouvert par le Concile Vatican II mais qui a été mis en veilleuse dans les dernières années.



retourner dans l'article


webdesign bien à vous / © pavés. tous droits réservés / contact : info@paves-reseau.be

Chrétiens en Route, Communautés de base, Démocratie dans l'Eglise, Evangile sans frontières, Hors-les-murs HLM, Mouvement Chrétien pour la Paix MCP, Pavés Hainaut Occidental, Sonalux