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Des ministères obligatoirement masculins et célibataires

Pierre de Locht
Publié dans HLM n°67 (4/1997)

 

Le débat concernant le célibat imposé aux ministres de l'Église catholique doit être abordé, non au départ de la vie personnelle du prêtre, mais du bien de la communauté chrétienne. Est-il favorable pour une institution, et spécialement pour une Église, que ses responsables à tous les niveaux et dans tous les domaines - doctrinal, sacramentel, gouvernemental - soient uniquement de sexe masculin et célibataires?

Cette exigence de célibat, on le sait, n'a pas de fondement dans la Bible. Elle ne s'est imposée que tardivement dans l'Église, et ce pour des raisons diverses qui sont loin d'être toutes évangéliques. Obligation nullement générale, puisque non reprise dans le protestantisme, ni même, sauf pour les évêques, dans les Églises de rite oriental en communion avec Rome?

Perçoit-on suffisamment les conséquences institutionnelles de cette obligation généralisée? Comment une institution dont tous les responsables sont des "séparés" et uniquement masculins, pourrait-elle être en prise sur les réalités vécues par le commun des humains et des chrétiens? Comment peut-elle saisir intensément, de l'intérieur, le vécu conjugal et parental, l'insertion sociale et professionnelle, et tant d'autres aspects de l'existence quotidienne des "gens ordinaires"? Ne vivant pas personnellement les réalités humaines les plus fondamentales que sont la sexualité active, la conjugalité, la maternité ou paternité, peuvent-ils en saisir toute la densité humaine?

Le prêtre célibataire - et encore plus lorsqu'il s'élève dans la hiérarchie et s'éloigne du contact constant avec la base - peut-il comprendre, réaliser de l'intérieur, ce que signifie la rencontre sexuelle, son humanisation non dans l'abstention mais dans l'usage, ce que représente vitalement, charnellement, viscéralement, la relation de maternité, de paternité, dès lors aussi l'épreuve combien crucifiante de la perte d'un enfant? Quoique proche des couples depuis plus de cinquante ans, par tout mon travail comme responsable de la pastorale familiale, je ressens combien il m'est impossible de saisir vraiment de l'intérieur ce qu'est le lien parental, ce que suscitent les cheminements déconcertants de leurs enfants, quelle remise en question entraîne à tous points de vue la mort d'un enfant, a fortiori lorsqu'elle se réalise dans des conditions dramatiques ...

Rien d'étonnant alors que bien des enseignements et prises de positions de l'Église officielle se situent dans des sphères quelque peu irréelles. Et pourtant, c'est dans le domaine de la vie sexuelle et conjugale, dont elle n'a pas d'expérience directe, qu'elle est la plus interventionniste et la plus prolixe. Mais, vivant dans un monde de séparés, l'Institution n'a même plus la possibilité de se rendre compte de l'inadaptation de ses prises de position. Quelles références lui permettraient de percevoir l'indigence d'un message qui n'est pas imprégné également du riche apport féminin? Au nom de quoi peut-elle comprendre que ses énoncés théoriques, qui se veulent universels, ne peuvent rejoindre la réalité vécue? Le contact personnel, immédiat. subjectif avec des dimensions fondamentales de la vie réelle, n'ayant pas de véritable place dans l'élaboration morale, doctrinale, organisationnelle, comment pourrait-elle coller à la vie - diversifiée, multiple, en mutation permanente - de nos contemporains?

Si nous osions reconnaître cette impossibilité, non seulement personnelle, mais institutionnelle, de comprendre la réalité vécue, et tout particulièrement, une des dimensions les plus vitales de l'existence humaine - la relation interpersonnelle sexualisée, la relation parentale - nous serions plus réservés, plus discrets, plus humbles dans nos jugements et enseignements. Et nous nous interrogerions sur le mode d'organisation de l'Institution Église, sur la dissociation prêtres-laïcs, sur la mise à l'écart des laïcs et spécialement des femmes dans l'élaboration doctrinale, dans la sélection ministérielle comme dans l'organisation de l'Église.

Ces signes d'incompréhension sont pourtant de plus en plus nombreux et manifestes. Que l'on pense aux réactions suscitées par l'encyclique Humanae vitae, à la condamnation du préservatif devant le fléau du sida, au refus de reconnaître la gravité des problèmes démographiques, à l'exclusion sacramentelle de ceux qui connaissent un échec conjugal, sans oublier l'homosexualité, les problèmes nouveaux que pose la bioéthique ...

En présence de ces interrogations nées de la vie, seuls des laïcs dûment sélectionnés ont l'oreille du magistère, qui cherche, non tant à comprendre, qu'à trouver des alliés pour une doctrine considérée comme intouchable, immuable, en tout point quasi-infaillible.

Faut-il dès lors s'étonner d'un hiatus grandissant et, plus grave encore, d'une indifférence de plus en plus large à l'égard des interventions du magistère? "Cela ne vaut même plus la peine de réagir, ils n'y comprennent tout de même rien!" La parole officielle, malgré ou à cause de son inlassable répétition, paraît de plus en plus insignifiante.

Et pourtant, que de richesses et d'inspiration chez les femmes et les hommes de la base!

 

Vie personnelle et sanctification du prêtre

Mais qu'en est-il du point de vue de la vie personnelle du prêtre? En particulier, quelle authenticité et quelle qualité peut-on attendre d'un célibat imposé que, souvent très jeune, on a accepté, plus que choisi, avant tout engagement dans la vie adulte? Ce qui a motivé l'engagement de l'immense majorité des prêtres a été le service d'Église, et non le célibat.

Le célibat peut être porteur de valeurs et de significations profondes lorsqu'il répond à un choix réel, lorsqu'il est intériorisé et s'inscrit dans une cohérence tout à fait personnelle. Son caractère obligatoire n'y prépare guère. En rendant le célibat obligatoire, non seulement on lui enlève, ou en tout cas on en réduit fort la valeur de "témoignage des réalités célestes", sur lequel l'Institution met l'accent, mais on en déforme la signification primordiale de choix évangélique pris dans la liberté.

On a tenté de maintenir le prêtre dans un mondé "protégé". Dans certaines régions, on s'y prenait très tôt. Les plus âgés ont encore connu ces juvénats et petits séminaires qui isolaient les jeunes garçons. On se souvient aussi de ces enfants de dix ou douze ans, vêtus de soutane noire ou de bure franciscaine, circulant en groupe dans les rues de Rome, aux alentours du Vatican.

Si telle n'était pas la situation de nos séminaires, on veillait cependant par des règles très strictes à maintenir les séminaristes à l'écart, pour ne pas dire à l'abri, de l'univers féminin. J'en ai des souvenirs personnels très précis. Mais le choc de la réalité et l'évolution des cultures sont plus forts que ces réglementations artificielles.

On ne peut ignorer que les conditions de la vie moderne, amenant davantage le prêtre à partager la vie du tout venant, l'isolant de moins en moins des laïcs et dès lors du monde féminin, le libérant d'un statut social fait de haute considération et de mise à distance, modifient largement les conditions de vie du célibat. Il est à craindre que les dignitaires ecclésiastiques, qui connaissent encore un statut socialement valorisant, ne mesurent guère les compensations dont ils jouissent, et ne puissent pas se rendre vraiment compte des conditions d'existence de la grande majorité des prêtres. Tout est d'ailleurs fait pour voiler la réalité, réduisant à des cas purement individuels les difficultés que connaissent bien des prêtres. Les nombreuses vies de prêtres d'une générosité et d'un dévouement remarquables qu'a suscité ce célibat même imposé ne doivent pas cacher, toute aussi réelle, la somme de drames intérieurs, de dégâts nombreux, d'hypocrisies institutionnelles ...

M'occupant de pastorale des foyers, entre autres comme aumônier régional des Équipes Notre-Dame, nombreux sont les prêtres qui, vers les années 50-55, m'ont dit leur désir de devenir aumônier d'une équipe de foyers. Se rendant compte que ces groupes constituaient, à l'époque, un lieu important de vitalité humaine et chrétienne, ils souhaitaient s'impliquer dans cet apostolat. Conséquence probablement inattendue, c'est là que bien des prêtres ont découvert, dans le cadre sécurisant de groupes de spiritualité conjugale, le monde féminin, et que se sont établies des relations d'égal à égal avec des chrétiens adultes. Chose rare en un temps où la presque totalité des prêtres étaient affectés soit à lin professorat auprès d'enfants ou de jeunes, soit à un travail paroissial où l'autorité dominante du pasteur les maintenait à distance. Dans le cadre de ces groupes de foyers, beaucoup de prêtres ont commencé à prendre conscience de leur propre affectivité, de leur besoin d'échapper à ce cloisonnement artificiel.

Peu à peu, à travers des relations plus simples, plus vraies, le prêtre s'est humanisé. Beaucoup pourraient dire à quel point, en échappant à leur isolement clérical, ils ont commencé à porter un regard différent sur le monde, sur les réalités de la vie concrète, sur la famille, sur la place et l'apport de la femme ... Tant leur ministère que leur vie personnelle s'en trouvaient enrichis, élargis, approfondis.

Bien des prêtres se sont difficilement dépêtrés de cette empreinte cléricale, insufflée très tôt, et idéalisée à travers une vocation sublimée. Certains d'ailleurs n'y parviennent que très partiellement, ou jamais.

 

Est-il encore possible de définir le célibat ? 

Quelles sont les limites ou frontières du célibat auquel le prêtre est astreint? Jadis cela paraissait très clair : il ne se mariait pas. "Célibat : état d'une personne non mariée", nous dit le dictionnaire Larousse. Mais que de gens officiellement non-mariés mènent une vie conjugale et parentale entière ...

Est-ce le fait de ne pas vivre ensemble, de ne pas avoir d'enfants, de n'avoir pas de relations sexuelles ? Celles-ci expriment un certain seuil de partage intime. Est-il plus décisif qu'un profond échange d'idées, de recherche commune, d'étroite collaboration, d'affection partagée ? Dans cette coupure tranchée entre l'affectif, le spirituel et le physique, il y aurait une dichotomie qui ne répond pas à la spécificité de la personne humaine : tout en elle, jusqu'au plus spirituel, est toujours incarné.

Chaque modalité de relation à autrui implique tous ces éléments sous des modalités chaque fois modulées de manière différente. Où cesse le célibat ? En d'autres mots, peut-on donner une réponse générale à la question de savoir ce qui est spécifique au célibat ? Y a-t-il d'ailleurs une forme unique de célibat, aisément cernable, ou des modalités d'être en relation qui répondent probablement à certaines constantes, difficiles à préciser dans le contexte culturel présent, mais qu'il incombe à chacun d'élaborer ? Une fois encore, il s'agit moins, comme tout ce qui est humain, de frontières entièrement délimitées objectivement, que de cheminement à construire dans la lucidité et la loyauté.

Si l'établissement de contours très précis et universellement valables pose problème concernant le célibat, il en est de même dans bien d'autres situations. Les jeunes qui aujourd'hui veulent construire progressivement, avec loyauté, confiance, respect mutuel, amour, leur relation d'engagement de vie, même s'ils peuvent se référer à certaines balises, mesurent assez combien seules la vérité et la qualité de leur désir et de leur engagement mutuel peuvent leur indiquer les étapes à franchir. Des normes stéréotypées suffiront de moins en moins à baliser nos chemins d'humanité. Au-delà des balises, comment communiquer quelque peu le sens et le goût des valeurs ?

 

La vie affective des prêtres : un sujet tabou !

Les divers renoncements qu'implique le célibat sacerdotal sont présentés, outre leur force de témoignage pour les valeurs du Royaume, comme source de liberté intérieure au service du ministère. Liberté intérieure: s'agit-il d'une formule déclamatoire pour étayer une norme que l'on veut intangible, ou d'une réalité dûment analysée? Rien n'est fait pour ouvrir vraiment le dossier concernant la santé sexuelle et affective du prêtre obligatoirement célibataire.

La vie sexuelle et affective du prêtre, et dès lors sa véritable disponibilité intérieure, est un sujet dont les intéressés ne parlent guère. Dans la préparation à la prêtrise telle que je l'ai connue, et je ne suis pas certain qu'il n'en est pas encore partiellement ainsi aujourd'hui, il n'en était jamais question, si ce n'est en terme d'ascèse. Pour ce que je puis en saisir à travers mon expérience et la perception de bien d'autres prêtres, je ne crois pas que cette santé affective et sexuelle soit largement réalisée. Bien des indices montrent au contraire la multiplication de situations déficientes, inutilement douloureuses, et assez fréquemment gravement préjudiciables tant pour les intéressés que pour leurs ouailles.

Les médias relatent à l'occasion les graves désordres causés par des prêtres.

L'assemblée épiscopale des USA et tout récemment l'Église catholique d'Angleterre ont créé un fonds spécial destiné à indemniser les victimes de ces désordres. Il est vraisemblable que les situations qui alertent l'opinion publique et font l'objet de procédures judiciaires ne représentent qu'une partie des méfaits réels.

On ne peut minimiser les conséquences, souvent profondément durables, pour les victimes de ces dégâts causés par des prêtres. Conséquences physiques, psychologiques, morales, spirituelles. L'image de droiture, de respectabilité, de sécurité dont jouit le prêtre fait qu'on lui accorde confiance en toute innocence. Les méfaits en sont d'autant plus pernicieux. Ils peuvent en être encore perceptibles après de nombreuses années, même chez ceux qui s'en sont pas trop mal dégagés.

Et s'il faut être particulièrement et avant tout attentifs à ces dégâts aux conséquences durables chez des enfants, adolescents et jeunes adultes, et particulièrement chez les femmes, il importe de se soucier aussi de tant de vies sacerdotales inutilement crucifiées. Inutilement certes, car il s'agit de souffrances dont le caractère désaxant ne peut être voilé derrière une fausse spiritualité de renoncement.

En outre, bien des immaturités sexuelles et affectives se révèlent derrière de nombreux réflexes cléricaux de pouvoir, de pression sur les consciences, d'irréalisme, d'intransigeance, de rigorisme doctrinal...

Un grand nombre de prêtres, religieux, religieuses ne se sont libérés de ces blocages intérieurs, imputables aux exigences institutionnelles plus qu'à des déséquilibres personnels, qu'en rentrant, par le mariage et le travail professionnel, dans la condition et la dignité commune.

Une Église qui se présente comme au-dessus de tout soupçon, qui se veut modèle pour le monde, qui ne reconnaît pas sa fragilité, qui se croit hors de la condition commune, apporte un contre-témoignage qui l'entache gravement. Car les causes de ces déviations se trouvent dans le système lui-même, drainant certes des difficultés personnelles de certains de ses membres, mais créant, par ses orientations irréalistes et inhumaines, un terrain favorable à de graves déviations.

 

Que vivent les prêtres ?

Y a-t-il ou non une proportion relativement importante de prêtres restés en fonction qui ne vivent plus dans le strict célibat ? Comment le savoir ?

Cette situation de fait peut difficilement être connue et reconnue, si dès le départ un tel comportement est qualifié de grave immoralité. L'amalgame avec la pédophilie aggrave encore cette totale disqualification. La simple prise de conscience de la réalité est impossible au départ d'une hypermoralisation du problème, telle que certains, et spécialement l'autorité religieuse, sont tentés de le faire. Il importe dès lors, si on désire se rendre compte de la réalité vécue, de tenter d'en faire une approche objective, avant toute évaluation morale.

D'autre part, j'ai la conviction que l'autorité ecclésiastique est loin d'être la mieux placée pour Se rendre compte de ce qui se vit, spécialement dans ce domaine. Le célibat obligatoirement lié à la prêtrise constitue en effet une des questions les moins perméables à un débat ouvert et loyal dans l'Église. Paul VI en a même interdit l'examen par les évêques réunis en Concile. Et lorsque le synode romain de 1971 en a traité, les débats, très orientés par la Curie, n'ont nullement clarifié la situation. Le célibat sacerdotal n'en est pas sorti grandi, n'en a pas acquis un nouveau dynamisme. Ce fut du juridisme institutionnel ponctué de déclarations péremptoires, plus qu'un éclairage quant à la signification vitale du célibat. Y a-t-il plus évident constat d'échec que de déclarer, comme le fit un évêque au synode, qu'il fallait absolument maintenir l'obligation du célibat, sinon il n'y aurait bientôt plus aucun prêtre célibataire! Rendu obligatoire, le célibat ne perd-il pas entièrement sa signification de conseil évangélique'? Dans un tel contexte, si autre chose se vit, ce ne peut être qu'en quittant le ministère presbytéral ou dans la totale clandestinité.

Ou bien on considère que rien d'important n'est à repenser dans le statut et le fonctionnement du ministère presbytéral, et la prière suffira, pense-t-on, à regarnir les séminaires, ou bien on pense que des adaptations s'avèrent indispensables dans un monde qui évolue à un rythme particulièrement rapide. Le départ d'un nombre important de prêtres et la raréfaction des "vocations" sacerdotales indiquent assez clairement combien il est indispensable et urgent de chercher de nouvelles voies. Qui va donc le faire ?

Ce n'est pas d'abord la hiérarchie, qui ne vit pas concrètement les mêmes conditions, et qui surtout est enserrée dans des impératifs institutionnels et juridiques, qui ne sont jamais en avance sur la vie. C'est dans la vie concrète, à la base,.là où se cherche loyalement l'adaptation du mode d'être ministériel aux grands appels de l'évangile que les solutions se construisent. Humblement, modestement, sans éclat, le plus sereinement possible. La question de l'obligation du célibat sacerdotal ne peut pas être réglée seulement à l'intérieur du milieu clérical; elle concerne la communauté chrétienne toute entière.

Les transgressions auxquelles la vie amène peuvent certes être régressives. Mais elles peuvent aussi constituer des avancées indispensables, au nom de valeurs encore insuffisamment reconnues. Transgressions qui préparent les évolutions institutionnelles.

Lorsqu'on en arrive à modifier la trajectoire de sa vie, est-ce nécessairement par infidélité ? Cela ne pourrait-il pas être en fonction de réalités et de valeurs nouvelles, ou nouvellement perçues? La fidélité est-elle une fixité à des comportements déterminés une fois pour toutes, ou la prise de conscience que les valeurs importantes sur lesquelles on a bâti sa vie et sur lesquelles on continue à vouloir la bâtir peuvent appeler des comportements nouveaux? Certaines fixités à des comportements réglementés une fois pour toutes peuvent devenir de graves infidélités aux valeurs à promouvoir.

L'évolution culturelle ainsi que les modalités nouvelles de présence du prêtre dans la pastorale concrète rendent impensable qu'il reste "un séparé" comme il le fut dans les générations précédentes. Des relations plus personnalisées s'établissent. L'affectivité est impliquée. Des amitiés tonifiantes se nouent. .. Où se situe la frontière nette entre des relations qui heureusement s'humanisent et le renoncement au célibat?

On ne peut d'ailleurs isoler la question du célibat d'une interrogation beau­coup plus large concernant le prêtre séparé. Est-il si clair que la séparation de la condition commune - qui est faite d'engagement dans la vie professionnelle, dans le politique. dans la vie affective, dans le conjugal et le parental constitue la condition la plus favorable à l'exercice du ministère du prêtre?

Dans les motivations des prêtres qui ont quitté le ministère, il serait inexact d'isoler le mariage d'un ensemble d'éléments qui convergent dans une prise de conscience, vécue intensément, que cette mise à l'écart des conditions habituelles de l'existence pouvait être non seulement invivable pour eux, mais même défavorable à l'annonce du message évangélique et à la charge dont ils étaient porteurs.

le 24 janvier 1997

Pierre de Locht


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