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Même les Zouaves en ont assez !

Jacques Meurice
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Léon de Pas, comte belge de la noblesse romaine et pontificale, a fait savoir, très largement, qu’il quittait l’Eglise catholique. C’est une démarche qui ne manque ni de clairvoyance ni de courage. Son aïeul Mizaël avait été anobli par le pape Pie IX. Il était le premier volontaire zouave à perdre la vie, en 1860, dans la défense illusoire et désespérée des Etats pontificaux. 
 

Léon de Pas, 81 ans, sculpteur de talent et auteur chrétien d’une vie du Christ : Jésus, mon grand amour, Editions Go, Gistoux, 2de édit. 2007, déclare se débaptiser tout simplement. La goutte qui, chez lui, a fait déborder le vase, c’est le récent voyage de Benoît XVI en Amérique latine, où il continue à condamner la théologie de la libération, tout en ignorant Helder Camara et tous ceux qui ont engagé leur vie dans la défense des peuples opprimés, où il continue à prôner une morale sexuelle inadaptée et rejetée par la grande majorité de la communauté chrétienne. Il ne supporte plus un Pape qui a exclu toute idée de progrès et de modernité pour abonder, tel qu’avec le récent motu proprio, dans le sens des traditionalistes certainement et toujours, des intégristes parfois.

Léon de Pas claque la porte violemment, et il le fait savoir à André Léonard, évêque de Namur, mais surtout fils spirituel et porte-parole attitré de cet S.S. Ratzinger, Adolf en soutane blanche, comme il l’appelle, tant son exaspération est grande et trop longtemps contenue. Mais ce qui est peut-être un fait nouveau, c’est l’ampleur de la réaction que cette démarche a provoquée auprès des chroniqueurs religieux. Léon de Pas a été pris très au sérieux, non seulement par Ricardo Gutierrez, journaliste du Soir (voir son article Quand l’Eglise perd ses ouailles, du samedi 11 août 2007), mais aussi par Charles Delhez, sj, éditorialiste du journal paroissial Dimanche qui n’hésite pas à écrire : Prendra-t-on enfin en compte le désarroi et la peine profonde de tous ceux qui, les uns après les autres, ont fini par quitter l’institution et ne font plus entendre leurs revendications à Rome parce qu’ils n’en attendent plus rien ?  Cela aussi a le ton d’une porte qui claque, plus que d’une simple question.

Et bien, je réponds non à Charles Delhez, on n’écoutera pas ceux qui sont partis, parce que l’Eglise est victime à Rome d’un système et n’a plus maintenant la possibilité de se déterminer autrement que dans le sens d’un conservatisme malsain et mortifère. Il faut se rendre à l’évidence. Toutes les nominations et toutes les options ont été décidées depuis plusieurs dizaines d’années toujours dans le même sens. L’Eglise catholique est radicalement sous la coupe de ce que certains appelleront un gang, d’autres une maffia. Les intégristes sont heureux, ils chantent en latin et voient le dos du célébrant. Les charismatiques passent résolument à côté des vrais problèmes, les mains jointes et les yeux fermés. Les prêtres se taisent obstinément sur toutes les longueurs d’ondes. Les évêques sont des pleutres ou des dévoyés. Les cardinaux sont des faux-culs. Le Pape est comme Léon de Pas le décrit.

Ce n’est plus à Rome qu’il faut chercher le visage du Christ, la Parole qui libère, l’Esprit qui vivifie. Le Christianisme se vit ailleurs et autrement.

 

Jacques Meurice (Hors-les-murs)


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