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De quoi nous parle Jésus de Nazareth ?

d’après Le Christ d’Adolphe Gesché (éd. du Cerf, 2001)

Louis Fèvre
Publié dans Réseau Résistances n°52 (9/2008)

De qui et de quoi nous parle Jésus ?

Nous pourrions nous attendre à ce que Jésus nous parle de lui-même.  Or, nous l’avons déjà constaté, il ne le fait que sobrement, en commençant par questionner ses auditeurs : « Qui dit-on, ou qui dites-vous que je suis ? ».

Selon l’évangéliste Luc, lorsqu’il se contente de dire, comme à la synagogue de Nazareth : « Me voici, aujourd’hui, s’accomplit la parole (du prophète Isaïe) que je viens de lire », au lieu  de l’observer, et de le regarder vivre, comme ceux qui lui demandèrent : « Où demeures-tu ? », les auditeurs s’étonnent de son assurance, puis le rejettent, parce qu’ils croyaient reconnaître le simple fils du charpentier  Sa proposition est pourtant simple : « Venez et voyez ».

Par contre, il nous parle abondamment de Dieu, et, toujours, de Dieu qui se tient en vis-à-vis de l’homme, un Dieu pathétique, qui souffre de la situation malheureuse de l’humanité. Car, loin d’être insensible, ce Dieu que l’on a prétendu immuable, est bouleversé par sa tendresse et peine avec nous. S’il nous envoie Jésus, c’est précisément par amour pour nous, pour partager notre sort, et le transformer.

Il parle de l’homme nouveau, et libéré, qu’il vient préparer parmi nous.

Jésus est aussi venu pour nous annoncer un homme nouveau, tel qu’il est « cru » par Dieu, prophétisé et préparé par Jésus. C’est cet homme en qui Dieu croit lui-même, et pour qui il crée les conditions de sa liberté. Dire le vrai sur Dieu, c’est le rencontrer comme un Dieu de l’homme, qui a voulu l’homme à son image, celui qui envoie Jésus proclamer « ce que vous faites au plus petit, c’est à moi que vous le fates », celui qui doit régner sur la création pour la transformer en un jardin de bonheur pour tout être humain..

Dieu rend même témoignage à l’homme, et il atteste sa dignité. Il nous met tous debout, à commencer par les plus humiliés : c’est le sens même du Magnificat. Lorsqu’il dit : « Je suis », il affirme par le fait même : « Toi aussi, tu es », car c’est à l’homme qu’il le dit et le fait proclamer. L’Écriture entière (c'est-à-dire la Bible, Ancien et Nouveau Testament) est une démonstration du rapport qui s’établit entre Dieu et l’homme : (Création, Alliance, Incarnation, Passage « pascal » par la mort et la résurrection).

Dire que Jésus est Fils de Dieu (même si cette affirmation n’a pris que progressivement tout son sens), ce n’est pas seulement parler du Christ, c’est rappeler que tout homme est appelé à être fils de Dieu (Épître de Paul aux Romains 8,17). Etre fils, c’est d’abord se comporter comme le font des fils, attentionnés, respectueux et fidèles, c’est se reconnaître de la même famille et du même sang, c’est proclamer que l’on partage avec Jésus un héritage et une filiation unique.

La folie d’amour de Dieu, dont la contagion se transmet à l’homme

Nous ne connaissons Dieu que par Jésus-Christ, mais encore, nous ne nous connaissons véritablement nous-mêmes, avec le sens de la vie, de la mort, de Dieu et de nous-mêmes, que par lui  (cf. Pensées de Pascal, Br. 548). Il nous fait connaître un Dieu qui peut dérouter les sages et illuminer les petits (cf. Matt 11,25)

Dieu est amour, et donc folie, amour accessible aux plus humbles, même s’ils n’ont pas lu la Bible, ou même l’évangile. Ce n’est pas une affaire de science, mais avant tout de cœur, de vie et de réflexe. La civilisation grecque, si développée, a bien parlé de l’humanisme, mais pas du pauvre, de l’enfant, de l’esclave, de la personne abîmée et laissée pour compte, économiquement inutile. Les béatitudes et la magnificat, le verre s’eau offert au plus petit, c’est là le cœur de l’évangile.

Et alors, que penser du péché ?

On nous a enseigné l’importance du péché, et peut-être nous en a-t-on rebattu les oreilles ! Gesché, l’auteur que nous présentons, se garde de le traiter par omission, mais il refuse le laisser le péché envahir le message de Jésus, au point de le dénaturer. Il lui rend sa place authentique dans le message évangélique et le met « en perspective ».

Le Christianisme nous révèle que le péché atteint Dieu comme une offense, parce qu’il blesse son amour. Heureusement, cette forme là de mal n’est  pas irrémédiable, quoiqu’il soit envahissant. Le christianisme reconnaît la responsabilité du péché, mais il refuse d’assimiler le pécheur à son péché et le criminel à son crime. Rien n’est irrémédiable. Tout peut être sauvé. Le Dieu de pardon a supprimé la tyrannie du mal. Il nous justifie dans la foi au Christ, pourvu que notre confiance chasse la crainte. Le Dieu amour nous délivre de la crainte et nous rend libres.

Nous sommes avant tout libres de l’esclavage du péché, nous dit Saint Paul. On pourrait dire que de reconnaître le péché des hommes leur permet de souligner cette pénurie d’amour qui les livre à l’exploitation et à la violence mutuelle. Grâce à cette liberté restaurée, nous pouvons regarder Dieu et nos frères sans honte, dans la confiance d’un cœur lui-même prêt au pardon et à l’accueil. 

Le Christ d’Adolphe GESCHÉ, pages 40 à 52
Résumé des réflexions d’un groupe de lecture, par Louis FÈVRE


 

Louis Fèvre (Réseau Résistances)


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