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Les miracles : un livre à paraître

Leonard Swidler
Publié dans Réseau Résistances n°52 (9/2008)

Léonard Swidler (U.S.A.) nous adresse, à l’intention de nos lecteurs, le texte de présentation de cet ouvrage (dont nous résumons les trois premiers paragraphes).
Nos lecteurs disposent à ce sujet de publications de choix. Les Éditions du Cerf nous en ont pris l’initiative avec la série des ‘Cahiers Évangile’ : ainsi le cahier intitulé « Les miracles de l’Évangile », d’Étienne Charpentier, situe parfaitement le problème. Vous connaissez probablement « Signes et prodiges. Les miracles dans l’Évangile », de Jean-Pierre Charlier (Collection Lire la Bible, n° 79, juin 87). C’est une excellente présentation de ces signes pour la foi, qui ne constituent pas des preuves.
Nos ancêtres ont souvent cru à cause des miracles, qui leur paraissaient des preuves pour la foi. Notre génération aurait plutôt tendance à croire malgré les miracles, qui leur semblent par trop irrationnels.
La publication de Léonard Swidler nous montre que ce thème est actuellement mobilisateur et nous permet de faire écho à une réflexion de catholiques « alternatifs » d’Outre Atlantique.
Réseau Résistances

D’après son origine, le mot latin « miraculum » signifie quelque chose d’admirable, mais de naturellement inexplicable. Avant l’époque moderne, la plupart des gens étaient persuadés que les miracles étaient fréquents. Pour une mentalité moderne, il n’y a pas place pour des événements contraires aux lois de la nature.

En bonne logique, on peut avancer que si Dieu est le créateur des lois de la nature, il peut aussi en suspendre le cours. Mais nous avons alors à nous demander pourquoi il permet une somme incroyable de souffrances manifestement inutiles, qui donnent de lui l’image d’un potentat cruel et non du Dieu d’amour ?

Les scientifiques peuvent certainement admirer les merveilles de la nature et les spécialistes des sciences humaines les merveilles si complexes de l’esprit humain. Mais lorsque celui-ci apprend à prier, c’est en particulier pour appeler Dieu à le secourir au vu des dangers qu’il court au long de son existence terrestre…

Ceci mènerait à assumer que Dieu est un omnipotent qu’on peut persuader d’alléger la peine pour seulement une minuscule fraction des innombrables quantités de souffrances rencontrées depuis les 13,7 billions d’années d’existence jusqu’ici de l’univers et dans le futur !  Moi-même, étant un humain loin de la perfection, je me sentirais profondément insulté si on affirmait cela de moi ; a fortiori, un Dieu parfait ne peut être loué par cette croyance. Alors, comment devons-nous envisager ce qui ressemble assurément à des miracles dans le Nouveau Testament, spécialement ceux qui sont attribués à Jésus ?

Pour commencer, bien que Walter Grundmann écrive dans son prestigieux « Dictionnaire théologique du Nouveau Testament » : « le monde juif hellénistique est plein d’événements miraculeux, de dieux et de faiseurs de miracles », en fait, la plupart des miracles rapportés dans le Nouveau Testament sont des guérisons opérées par Jésus.

Les modernes sont familiarisés avec les soi-disant guérisons par la foi, càd des guérisons inattendues du corps humain qui se produisent en fait parce que la personne impliquée avait une foi intense que cela se produirait – et cela fut le cas ! Si une personne a une volonté de vivre exceptionnellement forte, elle peut quelquefois surmonter une blessure ou un malaise auquel une personne ordinaire succomberait. Nous apprenons lentement comment des événements opèrent – l’esprit dominant la matière : par exemple, des personnes optimistes vivent plus longtemps et ont moins de maladies que des personnes pessimistes : une production mesurable d’endorphines dans le cerveau, par exemple, ont un effet guérisseur sur les parties affectées du corps.

Il importe de noter les reportages spécifiques de cette foi guérissante dans les « miracles » de guérison de Jésus. Souvent, il disait à la personne affligée : « Ta foi t’a guéri » (Mc 5, 34 et 10,52 ; Mt 9,22, Lc 8,48 et 17,19). A une autre occasion, quand deux aveugles demandèrent leur guérison, il leur pose la question : croyaient-ils qu’il pouvait le faire ? ils répondirent « oui » et Jésus leur dit : « qu’il soit fait selon votre foi. » (Mt 9, 28). Quand cette foi manquait, il n’était pas en mesure d’effectuer un « miracle » de guérison : « il n’accomplit pas beaucoup de miracles là, à cause de leur manque de foi. (Mt 13,58).

Manifestement, ces « miracles » de guérison dépendaient de la foi, de la confiance de la personne affligée, dont on peut présumer qu’elle libérait l’action guérissante du corps.

Le mot grec utilisé dans les Evangiles, se référant à ce que nous traduisons en français par « miracle », est « dynamis », action pleine de force. (d’où nos mots français : dynamique et dynamite !) Une fonction majeure de ces « dynameis » était de fournir un signe indiquant que les enseignements provenant de Jésus étaient vraiment « de Dieu ». (Voilà pourquoi les anciens prophètes « annonçaient » le futur, de sorte que les israélites fussent poussés à croire que le prophète était vraiment le « porte-parole » de Dieu, ce qui est la traduction littérale du mot grec « pro-phetis ».

Par conséquent, nous opérons une marche arrière en réduisant le terme « prophète » à désigner quelqu’un qui prédit l’avenir. Apparemment, Jésus rencontra un problème similaire, car ses opposants lui demandaient sans cesse des « signes » : ce pourquoi il les réprimandait sévèrement, les appelant « une génération mauvaise et adultère » (Mt 16,4).

En résumé, vivre en chrétien dans le monde mental de la modernité ne nécessite pas un « signe » extérieur, un miracle de la ‘dynamis’, du pouvoir de Jésus. C’est l’enseignement envoûtant de Jésus et le fait de vivre en conséquence, qui campent la personne moderne. C’est là que se trouve la ‘dynamis’ de Jésus, son miracle, et, si on y réfléchit sérieusement, et qu’on l’introduit substantiellement dans sa vie, c’est de la dynamite !

En même temps, on ne devrait pas négliger la prière, mais plutôt la re-orienter. Pensez à la prière de Jésus à Gethsémani. Il cherchait une union intime plus profonde avec Dieu, luttant avec une peur profonde de ce qui l’attendait. Il a dû raconter à au moins un de ses disciples son combat intérieur – les détails de ce qu’il disait dans sa prière, de son retour vers ses amis pour leur parler, non pas une fois, mais trois fois : tout cela exclut la probabilité que sa prière « que cette coupe passe… » ait pu être dite plus tard. La prière de Jésus avait pour but de le synchroniser de son mieux avec ce qui allait se dérouler… et de cette façon, il allait trouver le calme intérieur : « non pas ce que je veux, mais comme Tu le veux. » (Mt 14,36).

Avec l’aimable autorisation de
Leonard SWIDLER
Traduction : Edith Kuropatwa-Fèvre

Leonard Swidler - USA)


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